L’assurance propriétaire bailleur, aussi appelée assurance propriétaire non occupant (PNO), couvre les sinistres survenant dans un logement mis en location, occupé à titre gratuit ou laissé vacant. Elle intervient en complément de l’assurance habitation du locataire et protège le bailleur contre les dommages au bâti, les recours de tiers et certaines pertes financières liées à la location.
Surprime catastrophes naturelles 2025 : un surcoût direct sur les contrats PNO
Avant de détailler les garanties d’un contrat, un changement réglementaire récent modifie le prix de tous les contrats d’assurance habitation, PNO inclus. Depuis janvier 2025, la surprime obligatoire sur la part « dommages aux biens » est passée de 12 % à 20 %, à la suite d’un arrêté de décembre 2023.
Ce relèvement s’applique automatiquement, quel que soit l’assureur. Pour un propriétaire bailleur, l’impact est double : sa propre cotisation PNO augmente, et celle de son locataire aussi, ce qui peut créer des tensions lors du renouvellement du bail.
Selon France Assureurs, la cotisation moyenne d’un contrat non-occupant atteint 191 euros hors taxes en 2025, en hausse de 8,1 % sur un an. Ce chiffre donne un repère fiable pour comparer les devis, loin des estimations commerciales souvent affichées autour de quelques euros par mois.

Garanties de base d’une assurance propriétaire bailleur
Le socle d’un contrat PNO couvre les sinistres matériels les plus fréquents en immobilier locatif. Ces garanties s’activent que le logement soit occupé par un locataire, vacant entre deux baux ou en travaux.
Responsabilité civile du propriétaire non occupant
La responsabilité civile propriétaire non occupant prend en charge les dommages corporels ou matériels causés à des tiers par un défaut d’entretien ou un vice de construction du logement. Un exemple concret : une tuile qui se détache et blesse un passant, ou une canalisation vétuste qui provoque un dégât des eaux chez un voisin.
Cette garantie couvre aussi les dommages causés au locataire lui-même si l’origine est un défaut imputable au bailleur. Sans cette couverture, le propriétaire engage ses fonds personnels.
Dégât des eaux, incendie et événements climatiques
Le contrat PNO couvre les dégâts des eaux (fuite, rupture de canalisation, infiltration), les incendies et explosions, ainsi que les dommages causés par les tempêtes, la grêle ou le poids de la neige. Ces garanties protègent les murs, les plafonds, les sols et les équipements fixes (chaudière, plomberie encastrée).
La garantie catastrophes naturelles, obligatoire dans tout contrat habitation, intervient après publication d’un arrêté interministériel. C’est précisément sur cette garantie que s’applique la surprime passée à 20 %.
Différence avec l’assurance du locataire
La PNO ne remplace pas l’assurance habitation du locataire. En location vide comme en location meublée utilisée comme résidence principale, le locataire doit conserver une assurance couvrant au minimum les risques locatifs. La PNO du bailleur intervient dans trois cas précis :
- Pendant les périodes de vacance locative, quand aucun locataire n’est assuré dans le logement
- Lorsque le locataire a laissé son assurance expirer ou n’en a jamais souscrit, malgré l’obligation légale
- Pour les dommages dont l’origine relève de la responsabilité du propriétaire (vétusté, vice de construction, défaut d’entretien des parties privatives à sa charge)
Garanties optionnelles : ce qui change d’un contrat PNO à l’autre
Au-delà du socle commun, les écarts entre assureurs se jouent sur les options. Choisir un contrat PNO revient à arbitrer entre le niveau de couverture et le budget annuel.
Garantie loyers impayés (GLI)
La garantie loyers impayés rembourse les loyers non perçus lorsque le locataire cesse de payer. Elle couvre généralement les loyers, charges et taxes récupérables, dans la limite d’un plafond mensuel et d’une durée maximale fixés au contrat. Certains contrats incluent aussi les frais de procédure d’expulsion et les détériorations immobilières constatées au départ du locataire.
La GLI est parfois intégrée au contrat PNO, parfois vendue comme un contrat séparé. Elle n’est pas cumulable avec le dispositif Visale (caution gratuite d’Action Logement).
Protection juridique et recours
Une option de protection juridique prend en charge les frais d’avocat et de procédure en cas de litige avec le locataire, un artisan, un syndic ou un voisin. Les plafonds de prise en charge et les seuils d’intervention varient beaucoup d’un assureur à l’autre. Vérifier le montant du seuil de déclenchement avant de souscrire évite les mauvaises surprises.
Perte de loyers après sinistre
Si un sinistre rend le logement inhabitable, cette garantie compense les loyers perdus pendant la durée des travaux. La période d’indemnisation est plafonnée, souvent entre six mois et deux ans selon les contrats.

Obligation d’assurance PNO en copropriété : ce que dit la loi
L’assurance propriétaire bailleur n’est pas obligatoire pour un logement individuel (maison). En revanche, tout copropriétaire est tenu de souscrire une assurance responsabilité civile au titre de la loi ALUR. Cette obligation s’applique que le lot soit loué, occupé par le propriétaire ou vacant.
En copropriété, l’assurance de l’immeuble souscrite par le syndic couvre les parties communes. La PNO du bailleur couvre les parties privatives et sa responsabilité civile personnelle. Un sinistre dont l’origine se situe dans un lot privatif (fuite d’un ballon d’eau chaude, par exemple) relève de la PNO du copropriétaire, pas de l’assurance de l’immeuble.
Pour un logement individuel hors copropriété, la PNO reste facultative sur le plan légal. En pratique, ne pas en avoir expose le propriétaire à supporter seul les conséquences financières d’un sinistre survenant pendant une vacance locative ou en cas de défaut d’assurance du locataire.
Critères de choix et pièges fréquents d’un contrat PNO
Ce qui fait varier le prix
La cotisation d’un contrat PNO dépend de plusieurs paramètres : la surface du logement, sa localisation géographique, le type de bien (maison ou appartement), l’année de construction et le niveau de garanties choisi. Un appartement ancien en zone inondable coûtera nettement plus cher à assurer qu’un studio récent en centre-ville.
Avec la cotisation moyenne de 191 euros hors taxes constatée par France Assureurs, un devis très inférieur doit alerter sur le niveau réel de couverture. Un tarif bas masque souvent des franchises élevées ou des plafonds d’indemnisation faibles.
Pièges à vérifier avant de signer
- Le montant des franchises par sinistre : une franchise à 300 ou 500 euros sur un dégât des eaux dans un studio peut absorber la quasi-totalité de l’indemnisation
- Les exclusions de garantie liées à la vétusté : certains contrats excluent les sinistres causés par un défaut d’entretien, ce qui est paradoxal pour un bailleur
- La clause de vacance locative : vérifier que le contrat couvre le logement même lorsqu’il est inoccupé, et pendant combien de temps
- Le délai de carence à la souscription : certains assureurs appliquent un délai de plusieurs mois avant que la GLI ne s’active
- La compatibilité GLI/Visale : souscrire une GLI alors que le locataire bénéficie déjà de la garantie Visale est inutile et non cumulable
Résilier ou changer de contrat PNO
Depuis la loi Hamon, un contrat PNO peut être résilié à tout moment après la première année, sans frais ni pénalité. Le nouvel assureur se charge des démarches de résiliation auprès de l’ancien. Le changement prend effet un mois après la notification.
Comparer les contrats chaque année permet d’ajuster la couverture au profil réel du bien. Un logement rénové peut justifier une baisse de garantie décennale, tandis qu’un changement de zone de risque naturel peut nécessiter un renforcement.
Fissures, SCI et cas particuliers : les angles morts de la PNO
Une fissure structurelle apparue dans un bien locatif soulève la question de la prise en charge. Si la fissure résulte d’un mouvement de terrain reconnu catastrophe naturelle, la PNO intervient après arrêté ministériel. Si elle provient d’un défaut de construction, c’est la garantie décennale du constructeur qui s’applique, pas la PNO.
Pour les biens détenus via une SCI, le contrat PNO doit être souscrit au nom de la SCI, pas au nom d’un associé. Un contrat souscrit au nom personnel d’un associé ne couvre pas la responsabilité civile de la SCI, ce qui peut entraîner un refus d’indemnisation.
En colocation, chaque colocataire doit disposer de sa propre assurance ou être mentionné sur un contrat collectif. La PNO du bailleur ne couvre pas la responsabilité des colocataires entre eux.
Le formulaire de devis gratuit affiché juste en dessous permet d’obtenir une estimation adaptée à la surface, la localisation et le type de bien. Remplir les quelques champs suffit pour être rappelé par un professionnel qui comparera les garanties et franchises des contrats disponibles.

