L’assurance multirisque habitation (MRH) regroupe dans un seul contrat les garanties qui couvrent un logement, son contenu et la responsabilité civile de l’occupant. Derrière ce terme générique se cachent des écarts significatifs entre les contrats : périmètre des garanties, niveau de franchise, plafonds d’indemnisation et surprimes réglementaires. Cet article mesure ces écarts pour vous aider à lire un contrat MRH avec précision.
Garanties de base et garanties optionnelles d’une MRH : ce qui change d’un contrat à l’autre
Tous les contrats multirisque habitation ne couvrent pas la même chose. Les garanties dites « de base » forment un socle commun à la quasi-totalité des offres du marché. Les garanties optionnelles, elles, varient fortement d’un assureur à l’autre, et c’est là que se joue la différence de prix.
| Type de garantie | Socle de base (inclus dans la plupart des contrats) | Option (souscription complémentaire) |
|---|---|---|
| Incendie, explosion | Oui | – |
| Dégât des eaux | Oui | – |
| Catastrophe naturelle | Oui (obligatoire par la loi) | – |
| Tempête, grêle, neige | Oui | – |
| Responsabilité civile | Oui | – |
| Vol, cambriolage | Parfois inclus | Souvent en option |
| Bris de glace | Parfois inclus | Souvent en option |
| Dommages électriques | Rarement inclus | Option fréquente |
| Piscine, dépendances | Non | Option spécifique |
| Jardin, aménagements extérieurs | Non | Option spécifique |
La garantie catastrophe naturelle est imposée par le Code des assurances. Elle figure dans chaque contrat MRH. En revanche, le vol et le bris de glace ne sont pas toujours inclus dans le socle de base. Vérifier leur présence avant de signer évite une mauvaise surprise au moment du sinistre.
Les garanties optionnelles (assistance 24h/24, protection juridique, remplacement à neuf) alourdissent la cotisation annuelle. Un contrat avec trois options supplémentaires peut coûter sensiblement plus cher qu’une formule de base pour un même logement.

Surprime catastrophes naturelles en 2025 : l’impact sur le coût de la MRH
Depuis le 1er janvier 2025, la surprime appliquée aux contrats d’assurance de dommages aux biens, dont la MRH, est passée de 12 % à 20 %, en application du décret du 22 décembre 2023. Cette hausse s’applique uniformément, quel que soit le profil de l’assuré ou la localisation du logement.
Concrètement, sur une cotisation annuelle, cette surprime représente une augmentation mécanique qui ne dépend ni de votre historique de sinistres ni de vos garanties optionnelles. Elle reflète le coût croissant des événements climatiques pour le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles.
Pourquoi cette hausse pèse davantage sur certains contrats
La surprime est calculée en pourcentage de la prime dommages. Plus votre contrat couvre de biens (mobilier de valeur, dépendances, piscine), plus le montant de la surprime augmente en valeur absolue. Un locataire avec une formule minimale subira une hausse en euros modeste. Un propriétaire avec un contrat étendu verra la différence sur sa facture annuelle.
Cette évolution tarifaire rend la comparaison entre contrats encore plus pertinente. Deux assureurs peuvent appliquer la même surprime légale mais afficher des écarts de cotisation de base très différents pour des garanties équivalentes.
Franchise d’assurance habitation : comment elle réduit votre indemnisation
La franchise est le montant qui reste à votre charge après un sinistre. C’est un paramètre souvent sous-estimé lors de la souscription, alors qu’il conditionne directement le montant que vous percevrez.
- La franchise absolue est un montant fixe déduit de l’indemnisation. Si votre franchise est de 150 euros et le dommage estimé à 800 euros, vous percevez 650 euros.
- La franchise relative (ou « seuil de déclenchement ») fonctionne différemment : si le dommage est inférieur à la franchise, rien n’est versé. S’il la dépasse, l’indemnisation couvre la totalité du sinistre.
- La franchise légale en catastrophe naturelle est fixée par arrêté et s’applique indépendamment des conditions générales de votre contrat. Elle diffère de la franchise contractuelle habituelle.
Une franchise basse fait monter la cotisation, une franchise haute la réduit. Le choix dépend de votre capacité à absorber une dépense imprévue. Opter pour une franchise de 300 euros au lieu de 150 euros peut diminuer la prime annuelle de façon significative, mais chaque sinistre vous coûtera 150 euros de plus.
Vétusté et valeur de remplacement
La vétusté est l’autre variable qui réduit l’indemnisation. Par défaut, l’assureur applique un coefficient de vétusté sur vos biens endommagés. Un canapé acheté il y a cinq ans ne sera pas indemnisé au prix du neuf.
La garantie « remplacement à neuf » ou « valeur à neuf » supprime ou limite cette décote, moyennant un surcoût sur la cotisation. Sans cette option, l’indemnisation peut être inférieure de moitié au coût réel de remplacement. Lisez attentivement les conditions : certains contrats plafonnent cette garantie à un pourcentage de la valeur vétusté, d’autres la limitent aux biens de moins d’un certain âge.

Obligation d’assurance MRH : locataire, propriétaire, copropriétaire
L’obligation de souscrire une assurance multirisque habitation dépend du statut d’occupation du logement. Les règles ne sont pas les mêmes pour tous.
Le locataire d’un logement non meublé est tenu par la loi de souscrire au minimum une assurance couvrant les risques locatifs (incendie, dégât des eaux, explosion). Le bailleur peut exiger une attestation d’assurance chaque année. Depuis la loi ALUR, le locataire d’un logement meublé est également soumis à cette obligation.
Le propriétaire occupant n’a aucune obligation légale d’assurer son logement, sauf s’il se trouve en copropriété. La loi ALUR impose aux copropriétaires de souscrire au minimum une garantie responsabilité civile. En pratique, ne pas s’assurer quand on est propriétaire occupant revient à supporter seul le coût d’un sinistre majeur.
Le propriétaire non occupant (bailleur) n’est pas légalement obligé de souscrire une MRH, mais la plupart choisissent une assurance propriétaire non occupant (PNO) pour couvrir les périodes de vacance locative et les risques non couverts par l’assurance du locataire.
Résiliation d’une assurance habitation : délais et pièges à connaître
Depuis l’entrée en vigueur de la résiliation infra-annuelle, vous pouvez résilier votre contrat MRH à tout moment après la première année. Le nouvel assureur se charge des démarches auprès de l’ancien. La résiliation prend effet un mois après la réception de la demande.
Hausse de cotisation et droit de résiliation
Une idée reçue circule : une augmentation de tarif donnerait automatiquement le droit de résilier avant le premier anniversaire du contrat. Ce n’est pas systématique. Ce droit n’existe que si une clause du contrat le prévoit explicitement. Vérifiez les conditions générales avant de compter sur cette possibilité, comme le rappelle l’article L. 113-15-2 du Code des assurances.
Après la première année, la question ne se pose plus : la résiliation infra-annuelle s’applique sans condition ni justification.
Assurabilité et zones à risque climatique
Dans les zones exposées aux inondations, incendies ou épisodes de grêle, certains assureurs peuvent refuser de renouveler un contrat ou revoir leurs conditions de souscription. Ce phénomène, encore limité, tend à s’étendre avec l’aggravation des risques climatiques. Le Bureau central de tarification peut être saisi si aucun assureur n’accepte de couvrir un logement.
Critères de choix pour comparer des contrats MRH
La comparaison entre contrats ne se limite pas au prix affiché. Plusieurs paramètres, souvent enfouis dans les conditions générales, modifient l’équilibre réel du contrat.
- Le montant de la franchise par type de sinistre (elle peut varier selon qu’il s’agit d’un vol, d’un dégât des eaux ou d’une catastrophe naturelle).
- Les plafonds d’indemnisation par catégorie de biens (mobilier, objets de valeur, appareils électroniques) : un plafond bas sur les objets de valeur peut rendre la couverture illusoire.
- Le coefficient de vétusté appliqué et la disponibilité d’une option remplacement à neuf.
- Les délais de carence, période après la souscription pendant laquelle certaines garanties ne s’appliquent pas encore.
- Les exclusions de garantie, souvent listées en fin de document : piscine non clôturée, absence de serrure certifiée pour la garantie vol, dégâts liés à un défaut d’entretien.
Un contrat moins cher avec des plafonds bas et une franchise élevée peut se révéler plus coûteux qu’un contrat légèrement plus cher mais mieux calibré, dès le premier sinistre.
La cotisation d’une assurance multirisque habitation dépend de la surface du logement, de sa localisation géographique, du statut d’occupation et du niveau de garanties choisi. Comparer sur la base du seul tarif mensuel ne suffit pas : c’est le rapport entre la prime annuelle et le niveau réel de couverture qui détermine la pertinence d’un contrat. Le formulaire ci-dessous vous permet de recevoir des devis adaptés à votre situation et d’être rappelé par un professionnel pour affiner votre choix.

