Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être mis en location, ni faire l’objet d’un renouvellement de bail. L’échéance suivante concerne les F, interdits à la location dès 2028. Face à ce calendrier contraignant, les propriétaires de passoires thermiques se retrouvent souvent face au même choix : vendre à prix réduit, attendre, ou passer à l’action. La troisième option, si elle implique un investissement, offre aussi des leviers financiers concrets.
Agir sur plusieurs postes à la fois, pour un résultat durable
Là où la rénovation ponctuelle (remplacement de chaudière, ajout d’une VMC) apporte des gains limités, la rénovation globale traite simultanément l’isolation, la ventilation, le chauffage et les menuiseries. Toutes les études disponibles le confirment : cette approche est nettement plus efficace que des travaux étalés sur plusieurs années. Elle repose sur un audit énergétique préalable, qui identifie les postes prioritaires et permet d’attester du gain obtenu, condition indispensable pour accéder au parcours accompagné de MaPrimeRénov’. Depuis septembre 2026, certains travaux comme l’isolation des murs ou les chaudières biomasse ne sont d’ailleurs plus finançables en mono-geste : ils ne relèvent plus que du parcours d’ampleur.
Des aides substantielles, mais un contexte qui appelle à anticiper
En 2025, l’Anah a financé plus de 120 000 rénovations d’ampleur, avec une aide moyenne de plus de 40 000 € par dossier et un gain énergétique moyen de 69 %. Pour un ménage très modeste réalisant un saut de trois classes DPE, l’aide peut atteindre 32 000 €, sur un plafond de travaux de 40 000 € HT. L’éco-PTZ complète le dispositif : jusqu’à 50 000 € à taux zéro, remboursable sur vingt ans, cumulable avec MaPrimeRénov’.
Le signal paradoxal de 2026 mérite attention : les dépôts de dossiers ont chuté de façon spectaculaire au premier semestre (environ 20 000 contre 95 000 un an plus tôt), conséquence des changements de règles intervenus fin 2025. Résultat concret : les délais auprès des accompagnateurs Rénov’ sont moins engorgés qu’ils ne l’ont été, ce qui rend le passage à l’acte plus fluide qu’en 2024 ou 2025.
L’impact sur la valeur du bien : des chiffres qui parlent
Selon les données des Notaires de France analysées en 2024-2025, une maison classée G se vend en moyenne 25 % moins cher qu’un bien équivalent classé D, en tenant compte des disparités régionales (de -2 % à Paris à -25 % en Bretagne). Pour les F, l’écart tourne autour de 11 % en maison individuelle. À l’inverse, un logement bien noté (A ou B) peut se négocier jusqu’à 16 % au-dessus du marché. Ces données s’entendent sur des marchés actifs, et la variabilité régionale est réelle. Mais elles posent clairement la question de la rentabilité de la rénovation face au risque de décote.

